
Le prolongement du tram 15 jusqu’à Saint-Julien-en-Genevois est présenté depuis plus de vingt ans comme un projet majeur de mobilité dans le Grand Genève. Le tracé est connu, les études sont faites, les financements planifiés, y compris par la Confédération helvétique, les travaux côté français avancent… et pourtant, l’arrivée effective du tram reste repoussée, principalement à cause de retards institutionnels et d’un manque de poids politique côté français.
Une gouvernance française morcelée et peu efficace
Dans le Genevois français, la gestion de la mobilité a souffert d’un choix stratégique discutable : la Communauté de communes du Genevois (CCG) a délégué la compétence mobilité au Pôle métropolitain du Genevois français, mais la moitié des collectivités concernées ont refusé de suivre.
Résultat :
- aucune autorité commune réellement représentative ;
- un portage politique dispersé ;
- et une incapacité à parler d’une seule voix face au canton de Genève, pourtant structuré et déterminé.
Dans ce contexte, seule Annemasse Agglomération a accepté d’aller au bout de la coopération, permettant la création d’une structure minimale à deux :
Genevois Français Mobilités (GFM)
Un outil utile… mais amputé de tout le reste du Genevois français, et donc faible pour peser sur les arbitrages transfrontaliers, avec des besoins divergents, puisqu’Annemasse, déjà bien relié par le CEVA et le tramway à Genève, se soucie bien peu de notre tram.
Saint-Julien : la grande absente du lobbying transfrontalier
Le rôle de Saint-Julien-en-Genevois dans ce dossier aurait dû être central : c’est la commune terminus, celle qui porte la plus forte charge de chantier, celle qui bénéficiera le plus du tram… et celle qui a le plus à perdre en cas de retard.
Pourtant, la municipalité s’est révélée étonnamment peu présente dans les instances où se jouent les grandes décisions.
Quelques constats :
- Saint-Julien n’a pas occupé toute la place qu’elle aurait dû au sein de la CCG lors des arbitrages clés, n’occupant qu’une troisième vice-présidence.
- Elle n’a pas exercé de pression politique suffisante sur le Canton de Genève au moment où les calendriers se redéfinissaient.
- Elle n’a pas construit un véritable lobbying, pourtant indispensable dans un dossier transfrontalier où les rapports de force importent autant que les études techniques.
Conséquence
Alors que Genève avance à son rythme – parfois ralenti par les recours mais toujours politiquement structuré –, Saint-Julien subit.
La ville a engagé ses travaux, modifié sa voirie, accepté les nuisances… mais reste dépendante d’un calendrier suisse sur lequel elle ne cherche pas à influer.
Un projet localement souhaité, mais institutionnellement abandonné
Malgré :
- des travaux préparatoires côté français,
- des investissements significatifs obtenus,
- une requalification urbaine déjà en cours,
le projet souffre d’un déficit clair de pilotage côté français et d’une faible capacité d’influence de la municipalité de Saint-Julien. Le résultat est un projet qui stagne politiquement, faute d’un leadership local fort et d’une coalition institutionnelle solide.
Tant que la gouvernance ne sera pas consolidée et que Saint-Julien n’assumera pas pleinement un rôle de chef de file – ou au moins de partenaire exigeant –, l’arrivée du tram restera à la merci des recours suisses et des priorités genevoises.
La liste Réveillons St-Julien !!! s’engage à faire du projet de tram une priorité absolue, après 10 ans de flottement municipal sur ce sujet.
