
C’est toujours avec plaisir que je mentionne être d’origine francilienne — dit autrement, de Paris et sa région. Lieu unique, beau et agréable à vivre, qui ne dément pas être la vitrine de ce qu’on a longtemps appelé avec fierté l’exception culturelle française. Il est vrai que nous pouvons dire cela de bien des endroits en France, tant nous avons la chance, dans ce pays, d’avoir une incroyable diversité de paysages et de terroirs magnifiques. La comparaison peut être relative et, soyons honnêtes, quand j’ai découvert St-Julien-en-Genevois il y a un peu plus d’un an en emménageant dans le quartier du centre-ville, c’était déroutant.
Bien que, socialement, le quartier du centre-ville soit probablement le plus dynamique de la ville avec ses commerces, il reste difficile de ne pas se rendre compte de l’urgence de se battre localement pour faire exister concrètement un territoire, un terroir, du lien social. Que l’on ait fondé une famille ou pas encore, qu’on soit frontalier ou pas du tout, la nécessité est criante à St-Julien d’une offre de services publics suffisante et de qualité : crèches, écoles, accès aux soins de santé, voiries urbaines bien entretenues, bouillonnement socioculturel, ville embellie, propre et rendue jolie par un effort lucide à déployer dans son urbanisme. « Réveillons Saint-Julien !!!» rassemble des hommes et des femmes qui ont à cœur de façonner positivement cette ville dans ses enjeux entre hier, aujourd’hui et demain. Bien gérer les finances publiques sans gabegie, articuler intelligemment le rôle moteur d’une municipalité avec les forces vives de tous ceux et celles qui, par leurs initiatives privées, contribueront à rendre St-Julien agréable à vivre : tels sont les défis que, je crois, l’équipe de la liste a su mesurer et saura relever.
Curieux de l’offre existante dans la ville, j’ai autant que possible essayé de tester des activités et ateliers proposés par des structures de la ville : autant d’occasions de rencontrer d’autres habitants et créer du lien. Des initiatives encourageantes existent avec la Maison des Habitants. Cependant, en tant que parents ou amis, comment ne pas s’interroger : quel cadre de vie offrir à nos enfants dans cette collectivité ? Quelle sécurité ? Quels services pour que n’importe quel habitant, ancien ou nouveau, se sente chez lui et à l’aise ? Qu’il soit motivé à rester plutôt que de partir. Que l’on se sente dans une vraie ville, pas dans un dortoir, un lieu désincarné, hors-sol, insipide, broyé par les mouvements pendulaires des frontaliers et la pression démographique du pays voisin.
Nous devons avoir une âme à St-Julien. Je me souviens de l’agonie que fut l’effondrement dévastateur de l’URSS et des effets systémiques, ici et là dans le monde, à des degrés divers. L’époque actuelle n’est pas avare de parallélismes ; le même profil de personnes ayant conduit à ces désastres est présent : celui de ceux qui ont la gâchette facile avec l’argent du contribuable à fonds perdus. Le bon sens, j’y crois ; l’initiative privée, j’y crois en tant qu’entrepreneur intéressé par des sujets d’ingénierie d’affaires. Aux portes d’un canton dynamique, formidable centrifugeuse de création de richesses, St-Julien peut être ce repère, ce point d’ancrage fort, à l’instar de ces phares dans la nuit qui permettent aux bateaux en haute mer de se guider sans encombre vers le port plutôt que d’être naufragés. J’y crois ; ainsi, rejoindre « Réveillons Saint-Julien !!!» est une réponse à un appel évident. C’est un honneur de contribuer, aux côtés d’hommes et de femmes dévoués et créatifs qui ont le goût de l’effort, à faire de cette ville un lieu agréable où il fait bon vivre.
